La construction réelle
Kad : Travail

La corporation des artisans plâtriers tenait une place importante et jouissait d’un statut particulier dans la société égyptienne. La pâte blanche qui sert au façonnage des blocs est comparée, par les Égyptiens à de la pâte à pain. Elle a d’ailleurs le même nom (pâte = ta, terre = ta, pain = ta). La terre du potier est pétrie, malaxée et moulée. Le pain (ta) subit les mêmes opérations. Ta est aussi le nom du four du potier.

Le plâtre utilisé en tant que ciment était nommé «semay» (celui qui unit).

Si l’on étudie attentivement les fresques qui relatent la construction, on s’aperçoit qu’en fait, un bon nombre d’entre elles décrivent la fabrication de la pierre artificielle. Les deux techniques sont voisines. Sur beaucoup de représentations, les briques sont blanches ou grises, et non noires comme le limon du Nil.
Le hiéroglyphe représentant la terre évoque le pain de terre d’un potier. Ce signe est presque toujours accompagné de trois grains de sable qui désignent le pluriel (la pâte est faite avec une multitude de grains). Le rond sert également à décrire la pupille de l’œil et la pilule pharmaceutique pour guérir.
Voici le hiéroglyphe représentant le son «t». Il vient de l’abréviation de ta. On dit que c’est une miche de pain (ta). C’est aussi le ventre bombé de la fécondité.


Peintures murales du tombeau de Rakhmira, directeur des artisans et responsable des travaux (mer kaout) sous le règne des pharaons Thoutmosis III et Aménophis II. Sur les parois de sa chapelle près des vallées des rois et des reines, on peut admirer de nombreuses scènes peintes relatant la transformation des matériaux. On distingue les tas de matière pâteuse destinés à la fabrication des briques et des pierres moulées.